ARISTORIES 1
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ARISTORIES

ou l'odyssée artistique d'Aristote




Aristote est probablement le premier et le plus grand de tous les esprits universels. On sait qu'il a écrit sur tous les sujets, de la forme des coquillages à la stérilité, de la nature de l'âme à la météorologie, de la poésie à l'art en passant par l'interprétation des rêves.

On dit de lui qu'il a transformé tous les domaines de la connaissance auxquels il a touché et c'est à lui qu'on doit la fondation de la logique.

En divisant pour la première fois les avoirs humains en catégories, Atistote a permis à notre compréhension du monde de se développer de façon systématique. Mais depuis quelques siècles, notre savoir s'est étendu à un point tel qu'il est handicapé par cette division en catégories. Un tel système de pensée ne permet à la connaissance de se développer qu'en suivant des chemins prédéterminés, au risque de se perdre et de disparaître.

Qu'il nous ait fallu plus de vingt siècles pour découvrir les limites de la pensée aristotélicienne ne fait que démontrer son originalité sans égale. Au point que la disgrâce même de la pensée d'Aristote a pu soulever de fascinantes questions philosophiques.

Si la métaphysique s'intéresse principalement au phénomène de la création, où il lui est donné de mesurer et d'analyser les pouvoirs de l'homme, l'esthétique proprement dite se présente principalement comme une théorie de la perception, c'est-à-dire du jugement de goût ou du sentiment du plaisir.

L'oeuvre d'art est une forme d'expression plus complète peut-être, humainement plus profonde, que l'expression verbale; elle appelle de la part du spectateur, un engagement dans l'ordre du sentiment, dont certains esthéticiens modernes pensent pouvoir dégager les lois ou les "catégories". L'analyse du sentiment esthétique pourrait être ainsi une méthode pour approfondir la connaissance de l'homme.

Aristote et l'art...ou l'art qui élève la conscience et purifie l'âme

ARISTORIES- SAMOTHRACE BEACH 1

aquarelle,gouache, encre de Chine, fusain et crayon blanc

sur papier gris DACAPO 21 CM X 29,7CM

©2016 PHILIGHTBLUE

L'art pour Aristote est avant tout une production dont la dimension artistique ne se trouve pas dans l'œuvre elle-même, mais dans la main de l'artiste. C'est ce qui la différencie de la nature qui est sa propre cause, sans rapport avec autre chose.

« Les productions de l'art, ce sont toutes celles dont la forme est dans l'âme de celui qui produit (j'appelle forme l'être de chaque chose, sa substance première). »

ARISTORIES- SAMOTHRACE BEACH 2

aquarelle,gouache, encre de Chine, fusain et crayon blanc sur papier gris DACAPO 21 CM X 29,7CM

©2016 PHILIGHTBLUE

Aristote distingue également une autre différence entre l'art et la nature, à savoir que le premier en tant qu'activité humaine induit la raison, alors que la seconde résulte d'une dynamique instinctive. Il y a pour le philosophe grec de la nécessité dans la nature, alors que l'œuvre artistique est contingente.

Aristote s'interroge sur le rôle de l'art et la manière de le produire.Aristote considère qu'il s'agit d'une entreprise destinée à montrer le vrai, cette visée ayant une finalité morale et éducative, en permettant au spectateur de voir ce que seul il n'aurait pas vu et d'adapter son comportement en conséquence. L'artiste serait ainsi un élévateur de conscience. Mais de quel moyen dispose-t-il pour faire ainsi ? L'imitation nous répond Aristote, et ce quelque soit la forme artistique.

"De même que certains imitent par les couleurs et le dessin bien des choses dont ils nous tracent l'image, de même que les autres imitent par la voix [...] tous réalisent l'imitation par le rythme, le langage, la mélodie combinés ou non. Par exemple, le jeu de flûte, de la cithare et les autres arts qui ont le même effet, comme le jeu de la syrinx, imitent en recourant seulement à la mélodie et au rythme, et la danse imite à l'aide du rythme sans mélodie ; car les danseurs aussi, à l'aide des rythmes que traduisent les danses, imitent des caractères, passions et actions. "


                      ARISTORIES- SAMOTHRACE BEACH 3

aquarelle,gouache, encre de Chine, fusain et crayon blanc sur papier gris DACAPO 21 CM X 29,7CM

©2016 PHILIGHTBLUE

ARISTORIES 1 LA PASSERELLE PHILOSOPHIQUE

gouaches et encre de Chine sur papier Canson "Monval" 36CM X 48 CM ©2016 PHILIGHTBLUE

L'artiste est celui qui se saisit d'une part du réel et la restitue. Mais l'art consiste aussi à mettre de soi dans cette restitution sans pour autant déformer, l'imitation n'étant pas une copie. L'art est donc une représentation du réel qui s'exonère de la réalité. C'est d'ailleurs cette exonération qui permet ensuite d'éduquer et d'éveiller la conscience. Reproduire fidèlement ne serait guère d'une grande utilité, n'apportant rien de plus à celui qui regarde. Par contre, figurer distinctement ce qui est, en dépouillant la réalité de tout superflu qui contrarie la vision, tel est pour Aristote l'enjeu de l'artiste. Cette passerelle empruntée par trois personnages voyageurs mène à une impasse en apparence! En fait elle conduit vers la philosophie car elle permet d'accéder symboliquement au savoir et à la pensée d'Aristote, sorte de monument "visitable" par tout être humain qui prétend ouvrir son esprit à la philosophie. Cette représentation de "l'accès au savoir" peut même conduire celle-ci à représenter ce qui devrait être. Dès lors l'art passe du réalisme à l'idéalisme. L'art ainsi éduque en montrant différemment ce qui est vu! Le vélo, associé à l'oiseau, est un symbole de liberté.  Il suffit de savoir interpréter le message traduit dans le tableau pour comprendre que la bicyclette, incarne le plus souvent, une échappatoire aux situations difficiles, un moyen de s'évader ou encore d'apprécier certains moments de la vie. Elle est donc? sans équivoque? un réel symbole de liberté. Le vélo franchit la porte du savoir et de la connaissance. Il défie aussi la vague! Inspirée par la célèbre estampe de l'artiste japonais Hokusai, celle-ci, telles des griffes, les extrémités de la vague  semblent vouloir s'attaquer à la passerelle pour détourner les hommes de toute sagesse et tout balayer sur son passage.

  La recherche des bulles de sagesse élève les esprits tant intellectuellement que moralement. Elles purifient en quelque sorte. Cependant, pour Aristote, l'art n'est pas seulement cela. Il voit dans la relation entre l'art et le spectateur un moyen pour ce dernier de se délivrer de ses maux. En effet, la tragédie permettrait de servir au spectateur des émotions fortes qui soigneraient les troubles de son âme,  Une représentation tragique serait un soin du mal par le mal, une façon pour l'homme troublé d'extérioriser son mal-être en même temps qu'il s'émeut du drame qui secoue le héros, permettant l'expression d'une douleur personnelle. la boule de verre et la bulle de savon, créent un effet de double optique, d'un prisme qui projette la vision du monde vain au ciel et qui visualise l'image de promesse céleste pour ceux qui attendent la mort avec l'humilité et l'espoir.  Quant aux pyramides de verre, malgré leur transparence apparente, laissent libre cours à l'imaginaire (mystère, reflet avec le soleil...). Ce tableau peut apparaître comme l'image d'une tragédie soulagée par des objets symboliques et est donc une représentation de la condition humaine permettant de se soulager, mais aussi de réfléchir sur soi par la philosophie.

Pour Aristote, toute chose se comprend par la réalisation de sa fin. « La nature de chaque chose est précisément sa fin » . L'homme ne fait pas exception. Sa nature, c'est la réalisation de ce qui est proprement humain en lui. C'est dans cette perspective qu'il est intéressant de réfléchir sur la place de l'art chez Aristote. Comment Aristote voit-il l'art dans l'activité de l'homme ? Quel rôle joue l'art dans la réalisation de cette finalité proprement humaine ?

Aristote appelle "art " tout procédé de fabrication obéissant à des règles et aboutissant à la production d'objets utiles ou beaux, matériels ou intellectuels. C'est une « disposition à produire accompagnée de règles vraies » : la production artistique a donc un aspect intellectuel : elle est accompagnée de règles précises. Le génie n'invente pas, il construit avec des règles.

CONSTRUCTION GÉOMÉTRIQUE DU TABLEAU

avec - axes/diagonales/médianes/ (en rouge)

        - équilibrage du tableau avec application de la proportion dorée (en bleu)

Le nombre d'or est une proportion, définie initialement en géométrie comme l'unique rapport a/b entre deux longueurs a et b telles que le rapport de la somme a + b des deux longueurs sur la plus grande (a) soit égal à celui de la plus grande (a) sur la plus petite (b) c'est-à-dire lorsque :

a + b a = a b . 

Le découpage d'un segment en deux longueurs vérifiant cette propriété est appelé par Euclide découpage en « extrême et moyenne raison ». Le nombre d'or est maintenant souvent désigné par la lettre φ (phi).

Ce nombre irrationnel est l'unique solution positive de l'équation x2 = x + 1. Il vaut exactement :

soit approximativement1 1,6180339887.

- perspectives et lignes de fuites (en vert et en orange)

Alberti et son traité De Pictura

Leon Battista Alberti (1404-1472) est un humaniste, écrivain, peintre, théoricien de la peinture et architecte florentin. Il écrit, vers 1436, un texte intitulé De Pictura, imprimé en 1540 (tr. J.L. Schefer, De la peinture, De Pictura. Macula Dedale, 1995). On peut concevoir ce texte comme le programme fondateur de la représentation occidentale. C'est aussi dans ce traité qu'apparaît la première formulation claire du principe de la perspective centrale.

Cet ouvrage a pour particularité d'être accompagné d'aucunes figures. Le traité est décomposé en trois livres, le premier et le deuxième sont portés particulièrement sur le sujet de la perspective. Nous proposons donc ici une brève synthèse des livres I et II.
Bien que le terme de perspective ne soit pas employé par Alberti, il y expose la première définition rigoureuse de la perspective centrale. Il introduit tout d'abord la notion de pyramide visuelle dont l'œil du peintre serait le sommet. Toutes les pyramides engendrées par ce que le peintre représente, définie en points, lignes et surfaces, forment une pyramide globale. D'après Alberti, le but du peintre est ici de « représenter des surfaces de formes diverses sur une seule surface » puis il introduit ici sa définition de la perspective : « La peinture sera donc une section de la pyramide visuelle à une distance donnée, le centre étant posé », le centre désignant bien entendu l'œil du peintre.
Il montre ensuite, en s'appuyant sur le théorème de Thalès, que les contours de ce que le peintre représente, sont « proportionnellement » conservés. Puis il explique la manière dont il procède pour peindre : « je trace d'abord sur la surface à peindre un rectangle de la grandeur que je veux, qui sera pour moi une fenêtre ouverte à partir de quoi on peut contempler l'histoire ». L'idée de fenêtre, à laquelle Alberti accorde ici peu d'importance, sera reprise plus tard par Dürer qui invente le premier perspectographe appelé « fenêtre de Dürer ». Le cadre étant tracé, il définit un procédé de mise en place des différents éléments du dessin.

ARISTORIES 2- LA BICYCLETTE EN FOLIE SUR QUAI DE SEINE

gouaches et encre de Chine sur papier Canson "Monval" 36CM X 48 CM ©2016 PHILIGHTBLUE

ARISTORIES 3- LA MOTO, LA VAGUE ET LA MACHINE

À FABRIQUER L'IMAGINAIRE

gouaches et encre de Chine sur papier Canson "Monval" 50CM X 65 CM ©2016 PHILIGHTBLUE

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