Verre, acier, béton et... Pyramide du Louvre restent les mots clés des créations de l’architecte Ieoh Ming Pei.
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LOUVRE CHAMP PYRAMIDAL

La rigueur des projets de Ieoh Ming Pei n'a d'égale que la constance avec laquelle il a privilégié ces caractéristiques. Peut-être est-ce grâce à une exceptionnelle formation. Après avoir traversé le Pacifique pour décrocher son diplôme d'architecte à l'Institut technologique du Massachussets, il peaufine son cursus avec une maîtrise à Harvard. C'est là que ses choix esthétiques se dessinent, sous l'influence de ses éminents professeurs : Walter Gropius et Marcel Breuer, tous deux figures emblématiques du Bauhaus. Dans un courant que l'on qualifie de style international, il utilise les matériaux froids au service de structures spectaculaires mais néanmoins très fonctionnelles. Il fonde son agence en 1955 avec ses associés Eason Leonard et Henry Cobb, qui lance définitivement sa carrière. Il enchaîne dès lors les réalisations les plus prestigieuses, qui le mènent au prix Pritzker en 1983, puis à la Pyramide du Louvre en 1989 qui reste justement son sommet. Son grand âge (92 ans en 2009) ne l'empêche pourtant pas de continuer son métier, puisqu'il a réalisé en 2008 le musée d'Art islamique de Doha, au Qatar.

"Le plus important est en dessous, la pyramide toute seule n'existe pas", déclare Pei en 1983. Il pense alors à l'élaboration d'une véritable "Ville Louvre",

Le choix d'un symbole fort comme l'est une pyramide, reprenant à la fois la géométrie du triangle et le mystère inexpliqué d'une civilisation perdue, ne pouvait laisser indifférent!

. Ieoh Ming Pei, ses réalisations sont caractérisées par la recherche d'une certaine pureté des formes alliée à une efficacité fonctionnelle, inscrites dans le mouvement du style international.Il utilise des matériaux froids tels que la pierre, le béton, le verre et l'acier.

Techniquement, le polyèdre occupe une surface à sa base de 1000 m2, s'élève à 21, 65 mètres au-dessus du sol et se constitue de 95 tonnes d'acier, 105 tonnes de châssis en aluminium et 673 losanges de verre... bien que ce dernier point soit contesté par certains.

La « grande pyramide » n'est pas seule. Elle est entourée de trois répliques bien plus petites et d'une cinquième pyramide, inversée celle-ci, construite sous le Carrousel du Louvre.

Le Louvre a été bâti à dessein au cœur pacifié d'un immense tourbillon magnétique souterrain qui recouvre toute la région parisienne et dont l'action se répercute circulairement jusque sur la ligne de Fontainebleau et au-delà. Un tourbillon magnétique occulte dont l'épicentre d'activité se situe à cent cinquante-trois mètres environ au-dessous d'un certain endroit, d'un certain nœud d'intégration idéale des tensions architectoniques intérieures de l'ensemble des bâtiments du Louvre, nœud d'intégration idéale que l'on avait nommé l'Abeille.

La pyramide du Louvre - Nécropole royale - est symboliquement le lieu de rencontre de deux mondes : un monde magique, lié aux rites funéraires de retenue indéfinie de la vie ou du passage à une vie supra temporelle ; un monde rationnel qu'évoquent la géométrie et le mode de construction. La pyramide est par ailleurs, autant qu'un tombeau, un observatoire et un symbole ascensionnel ; elle est aussi un catalyseur d'énergie qui favorise la conservation des corps physiques

PEI POLYEDRAL LOUVRE BLUE BUBBLES

aquarelle et encre de Chine de la collection

"POLYEDRAL AND BUBBLES WORLD" 55CM X 40 CM © 2016

Si la pyramide du Louvre valait 666 losanges (684 - 18), elle aurait besoin d'une face à 153 losanges, soit 18 de moins. 1 + 5 + 3 vaut 9, tout comme 1 + 7 + 1. 153 - somme des 17 premiers nombres - est un nombre sacré ; il est le nombre de la pêche miraculeuse dans l'Evangile selon saint Jean. Ce nombre sacré a servi à la construction d'édifices chrétiens : Cluny ou la place Royale, rebaptisée par la Révolution place des Vosges (les Vosgeois avaient été les seuls à payer leurs impôts). Cette dernière comprend en effet 144 arcades et 153 lucarnes. Faut-il rappeler que l'Evangile de saint jean est l'Evangile favori des ésotéristes ? Si on convertit les losanges (ces doubles triangles) en triangles, on en compte 324 par face. Or 324 x 4 = 1 296 triangles. On retrouve 1296 en multipliant les 72 triangles de la base de la pyramide par 18 cieux. 1296 est un nombre passionnant : il exprime la durée en années de la monarchie française de Clovis à Louis XVI. 1296 divisé par 2 160 donne encore le nombre d'or...

La pyramide est entourée de sept bassins triangulaires en granit qui permettent au « ciel » de se refléter. Ces sept bassins sont à relier aux sept cieux et aux sept planètes de l'astrologie traditionnelle. Devant la pyramide sont rangés sept parallélépipèdes présentant chacun les mêmes caractéristiques : sur le sommet du bloc parfaitement poli est gravé un cercle.

Au tiers de la hauteur, sur les quatre faces, une ouverture carrée est pratiquée. Un cube surmonté d'une pyramide, c'est exactement la description de la pierre cubique à pointe censée représenter l'idéal maçonnique.

Le pilier qui soutient la plate-forme est par analogie l'axis mundi, l'Arbre de Vie, qui relie les Enfers aux Cieux. La symbolique de l'escalier qui mène au souterrain musée prend alors tout son sens. Tel un Orphée, un Énée ou un Dionysos descendant aux Enfers, l'initié (le simple visiteur) descend dans l'intérieur de la terre grâce à un escalier à vis qui s'enroule autour d'une énorme colonne. Ainsi lors de sa descente en spirale (que l'on pense aux ziggourat, aux tours mésopotamiennes), le visiteur effectue un constant retour sur lui-même tout en cheminant autour de l'Arbre de la connaissance du Bien et du Mal.

Ce processus involutif de descente au cœur de la terre (magnifiquement illustré par le Frère jules Verne dans le Voyage au centre de la Terre) peut être interprété à la lumière de la fameuse formule maçonnique VITRIOL : visita interiora terme, rectificandoque invenies occultum lapidem, « Descends dans l'intérieur de la terre, en rectifiant, tu trouveras la pierre occulte », pierre philosophale des alchimistes, élixir d'immortalité, symbole de la connaissance transfigurée.

"SAMOTHRACE AND THE HELICAL STAIRCASE"

aquarelle et encre de Chine de la collection "POLYEDRAL AND BUBBLES WORLD"
36CM X48 CM © 2016


Très tôt en Grèce, la représentation de la victoire a été personnifiée sous les traits d'une déesse ailée, descendant sur terre pour faire honneur au vainqueur. Fidèle à cet esprit, le monument érigé dans le sanctuaire des Grands Dieux de Samothrace au début du 2e siècle av. J.-C. représente une Victoire se posant sur l'avant d'un navire de guerre, pour commémorer sans doute une victoire navale. Par la virtuosité de sa sculpture et par l'ingéniosité de sa construction ce monument est un chef-d'œuvre inégalé de la sculpture grecque d'époque hellénistique.