catalogue officiel (volume 1)
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GALERIE D'ART (salle 1)

"La simplicité n'est pas un but dans l'art, mais on arrive à la simplicité malgré soi en s'approchant du sens réel des choses.

Les choses ne sont pas difficiles à faire, ce qui est difficile c'est de nous mettre en état de les faire."

 De Constantin Brancusi / Catalogue de l'Exposition de New-York

TABLEAU D'AQUARELLE ET ENCRE DE CHINE

DANS LEUR CONTEXTE ARTISTIQUE

SALLE 1 - La légende Kennedy
SALLE 1 - La légende Kennedy

TITRE EN FRANÇAIS : « KENNEDY LINCOLN,HOMMAGE A ARLINGTON»

TITRE EN ANGLAIS : «KENNEDY LINCOLN,TRIBUTE IN ARLINGTON »

TECHNIQUE : aquarelle- encre de Chine

ANNÉE DE CRÉATION : 2009

DIMENSION HORS CADRE : 60CM X 40 CM

Signature datée en bas à droite

Le cimetière national d'Arlington, situé à Arlington en Virginie, est un important cimetière militaire américain créé durant la guerre de Sécession sur les terrains d'Arlington House, l'ancienne propriété de l'épouse du général Lee, le chef des armées confédérées. Il est situé exactement en face de Washington D.C., de l'autre côté du fleuve Potomac à côté des bâtiments du Pentagone.

Plus de 290 000 personnes sont enterrées sur ce terrain de 2,53 km2, des anciens combattants de toutes les guerres américaines, de la guerre d'indépendance aux derniers conflits du XXIe siècle, guerre d'Irak ou d'Afghanistan, en passant par la guerre de Sécession, les deux guerres mondiales, la guerre de Corée et la guerre du Viêt Nam.

Y sont également enterrés les corps de 10 militaires français morts par accident ou maladie sur le sol américain alors qu'ils étaient chargés de l'instruction d'une partie de l'armée du général Pershing durant la Première Guerre mondiale. Les sépultures sont fleuries chaque 11 novembre par l'ambassade de France à Washington.

Avec le cimetière national de Mill Springs, Arlington est le plus ancien cimetière militaire des États-Unis. Il est le seul avec le Airmen's Home National Cemetery à être géré par le Département de l'Armée (une branche du Département de la Défense) alors que les autres cimetières militaires américains sont gérés par le Département des Anciens combattants ou par le Service des parcs nationaux. L'Arlington House (Custis-Lee Mansion) et les terrains avoisinants sont gérés par le Service des parcs nationaux comme un mémorial de Lee.

Vue depuis un des sommets d'Arlington. On aperçoit au premier plan, à gauche le mémorial d'Iwo Jima et à droite la tour noire du Carillon des Pays Bas. Au fond, au-delà du Potomac se trouvent à gauche le John F. Kennedy Center for the Performing Arts (grand bâtiment carré blanc) avec à sa gauche le complexe du Watergate, au centre, le Lincoln Memorial juste devant l'obélisque du Washington Monument et à droite entre le Potomac et le bassin de marée le Jefferson Memorial (bâtiment blanc avec un toit en coupole).


TITRE EN FRANÇAIS : KENNEDY LINCOLN, DESTINS CROISÉS DE PRÉSIDENTS

TITRE EN ANGLAIS : KENNEDY LINCOLN, CROSSED FATES OF PRESIDENTS

TECHNIQUE : aquarelle et encre de Chine

ANNÉE DE CRÉATION : 2009 restauration en 2016

DIMENSION HORS CADRE : 32CM X 40 CM
CONSTRUCTION GÉOMÉTRIQUE DU TABLEAU
CONSTRUCTION GÉOMÉTRIQUE DU TABLEAU

KENNEDY LINCOLN, CROSSED FATES OF PRESIDENTS

Un destin parsemé de curieuses coïncidences de la plus anodine à la plus incroyable.

Lincoln et Kennedy, ces deux noms contiennent chacun sept lettres. Lincoln est élu au congre en 1846, Kennedy quant à lui est élu en 1946. Lincoln est élu président en 1960, Kennedy, lui, en 1960.

Lincoln et Kennedy, deux hommes pour un destin tragique

L'homme qui succède à Lincoln se prénomme Johnson, il est né un jeudi de 1808. Quant à l'homme succédant à Kennedy, il se nomme lui aussi Johnson et né un jeudi dans l'année 1908.

Tout ceci est-il simplement un pur hasard ?


Et les mystérieuses coïncidences ne s'arrêtent pas là. Les épouses de deux présidents ont chacune perdu un enfant à la maison blanche. Plus troublant encore, les disparitions tragiques des deux présidents. Ils ont été assassinés d'une balle en pleine tête.

Lincoln a été assassiné dans un théâtre appelé Ford quant à Kennedy, il était à l'arrière d'une voiture Lincoln quand le drame a surgi. Chose très surprenant quand nous savons que les voitures Lincoln font parties du groupe de la marque Ford.

Les assassins de Lincoln et Kennedy, John Wilkes Booth et Lee Harvey Oswald furent eux aussi tués par balle et ce, avant leurs procès. Quelques jours avant son assassinat, la secrétaire de Kennedy l'avait mis en garde des dangers qu'il pouvait encourir, elle s'appelait Evelyne Lincoln, est-ce encore un hasard ?

Ces troublantes coïncidences relèvent-elles du paranormal ? Nous ne le saurons malheureusement jamais.


KENNEDY/ROOSEVELT,

RÊVE DE LIBERTÉ

TITRE EN FRANÇAIS : « KENNEDY/ROOSEVELT,RÊVE DE LIBERTÉ»

TITRE EN ANGLAIS : «KENNEDY/ROOSEVELT,DREAM OF LIBERTY »

TECHNIQUE : aquarelle- encre de Chine

ANNÉE DE CRÉATION : 2009

DIMENSION HORS CADRE : 40CM X 30 CM

Signature datée en bas à droite

Selon un classement dressé par des historiens pour le magazine The Atlantic Monthly, il est le troisième Américain le plus influent de l'Histoire, derrière Lincoln et Washington. Cependant, Roosevelt est considéré comme le plus grand président américain du XXe sièclea . Il modernisa les institutions américaines : il fit voter le XXe amendement en 1933 qui avançait l'entrée en fonction du président nouvellement élu de début mars au 21 janvier. Il renforça le pouvoir exécutif en le personnalisant et en le faisant entrer dans l'ère de la technostructure : le nombre de fonctionnaires augmenta de façon très importante. L'héritage de Roosevelt a été considérable sur la vie politique américaine : il consacra la fin de l'isolationnisme, la défense des libertés et le statut de superpuissance des États-Unis. Mais Roosevelt fut également très contesté à la fois par les républicains et la Nouvelle Gauche américaine qui estimait que le New Deal n'avait pas été assez loin. Roosevelt resta un modèle dans la deuxième moitié du XXe siècle. Eleanor Roosevelt continua d'exercer son influence dans la politique américaine et dans les affaires mondiales : elle participa à la conférence de San Francisco et défendit ardemment les droits civiques. De nombreux membres de l'administration Roosevelt poursuivirent une carrière politique auprès de Truman, Kennedy et Johnson

JFK and Eleanor Roosevelt ensemble à New York en Octobre 1960.
JFK and Eleanor Roosevelt ensemble à New York en Octobre 1960.

Epouse du président américain le plus populaire du 20ème siècle, ce fut une femme de conviction et d'action et qui fut pendant 12 ans la première dame des Etats-Unis. 

Elle fût la Première dame des États-Unis du 4 mars 1933 au 12 avril 1945. Elle a été la première à rendre ce rôle actif. Elle pèse aussi sur la décision d'engager les États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale. Féministe engagée, elle s'oppose au racisme et défend le Mouvement américain pour les droits civiques. Après la mort de son mari et la Deuxième Guerre mondiale, elle utilise son charisme et son talent diplomatique pour contribuer à la commission chargée de rédiger la Déclaration Universelle des droits de l'homme.

En privé, elle a plusieurs amitiés suivies avec des femmes, la plus notable étant, alors qu'elle a 49 ans et que son mari entre à la Maison-Blanche, celle qu'elle entretient avec la journaliste Lorena Hicklok, avec laquelle elle passe beaucoup de temps et échange plusieurs milliers de lettres. En 1962 elle livre un dernier combat aurpès du président Kennedy pour qu'il accorde un rôle aux femmes dans son administration. Elle mourra peut de temps après, le 7 novembre 1962. On retiendra d'elle son action pendant près de 50 ans pour la cause des femmes. Elle a fait entendre, au cœur de la maison Blanche les maux de l'Amérique silencieuse, la voix des minorités et des pauvres. Auprès du président le plus populaire des Etats-Unis, elle fut incontestablement une actrice de l'histoire de l'Amérique.


SALLE 2

SALLE 2 espace arts de la scène et cinéma
SALLE 2 espace arts de la scène et cinéma

TITRE EN FRANÇAIS : BÉJART DONN, CHOREGRAPHIE EN BULLES

TITRE EN ANGLAIS : BÉJART DONN, choreography in the shape of bubbles

TECHNIQUE : aquarelle et encre de Chine

ANNÉE DE CRÉATION : 2016

DIMENSION HORS CADRE : 37CM X 49CM
JORGE DONN, le Boléro de Ravel- chorégraphie de MAURICE BÉJART
JORGE DONN, le Boléro de Ravel- chorégraphie de MAURICE BÉJART

Plus que tout autre, Jorge Donn restera comme l'interprète parfait de l'univers de Maurice Béjart qu'il découvrit à l'âge de 14 ans à Buenos Aires. Né le 28 février 1947, le jeune Argentin avait commencé la danse à l'âge de 4 ans avant de poursuivre son apprentissage au sein de l'école du Ballet du Théâtre Colon. Mais l'académisme de cette formation ne lui suffisait pas et la découverte du style béjartien à travers « Le Sacre du printemps » fut pour lui un véritable choc.

Décidé à intégrer ce monde, le jeune homme n'hésita pas longtemps, réunit la somme lui permettant d'effectuer le voyage vers Bruxelles et vint frapper à la porte de Béjart en lui annonçant tout simplement qu'il voulait danser dans sa compagnie. D'abord peu convaincu par ce garçon de 16 ans dont la technique laissait nettement à désirer, Béjart fut néammoins séduit par son aplomb. Sa volonté et son ardeur au travail finirent par convaincre le chorégraphe qui se rendit rapidement compte qu'il avait face à lui un diamant brut qui bientôt brillerait de mille feux. La maladie subite d'un danseur qu'il fallut remplacer au pied levé décida de son avenir.
En 1966, Donn créait son premier rôle dans « Webern opus V». Un peu plus tard, on le retrouvait dans la peau de Roméo, sur la musique de Berlioz. À peine âgé de 19 ans, il devenait la nouvelle star de la danse et l'interprète béjartien par excellence. Pendant plus de vingt ans, il créa la majeure partie des ballets de Béjart, servant admirablement le propos de celui-ci sans jamais se laisser étouffer par l'énorme personnalité du chorégraphe. Sur scène, Donn était l'incarnation de l'esprit béjartien mais il était aussi et avant tout Jorge Donn. Un danseur au physique et à la gestuelle unique qui entraîna dans son sillage des dizaines d'émules qui imitèrent son look tout en restant loin de cette énergie sauvage qui était une des principales caractéristiques de cet être par ailleurs calme et solitaire. Travailleur acharné, Donn était aussi un danseur d'instinct. Chez lui, le mouvement semblait aller de soi, le corps glissait, serpentait, se crispait, explosait avec une aisance admirable


TITRE EN FRANÇAIS : « Adèle Hugo, la lettre de toutes les espérances. »

TITRE EN ANGLAIS : « Adèle Hugo, the letter of all the expectations. »

TECHNIQUE : aquarelle-encre de Chine- fusain noir

ANNÉE DE CRÉATION :1994 (restauré en 2015, renforcement traits encre de Chine)

DIMENSION HORS CADRE : 32 cm x 41cm

ADÈLE HUGO - ISABELLE ADJANI - FRANCOIS TRUFFAUT

Adèle Hugo (née à Paris, 28 juillet 18301 - décédée à Suresnes le 21 avril 1915), est le cinquième enfant et la seconde fille de Victor Hugo et d'Adèle Foucher (appelée aussi Adèle Hugo), la seule qui survécut à son illustre père mais dont l'état mental, très tôt défaillant, lui valut, à partir de 1872, de longues années en maison de santé.

Adèle Hugo naît pendant les journées dites des Trois Glorieuses qui voient la chute du roi Charles X et l'avènement de Louis-Philippe. Elle est très vite surnommée « Dédé ».

Belle et remarquablement douée pour le piano, elle subit, comme tous les membres de sa famille, le traumatisme causé par la mort accidentelle et prématurée de sa sœur Léopoldine en 1843.

En 1852, elle suit son père en exil à Jersey puis Guernesey et tient le journal de bord familial. Supportant mal la vie d'exil et hantée par la mort de sa sœur, Adèle est victime d'une dépression. Manifestant les premiers signes d'un grave trouble psychique (psycho-somatisation, crises de nerfs, délires, fortes fièvres, gastro-entérites répétées), elle est contrainte de rentrer en France en 1858 afin d'y subir des soins.

Dès 1854 à Jersey, elle rencontre le lieutenant britannique Albert Pinson qui fréquente sa famille en participant à des tables tournantes. Elle entretient une idylle avec ce dernier et en tombe éperdument amoureuse. Cet amour n'est pas payé de retour. Se considérant comme sa fiancée, elle rejette les demandes en mariage de ses autres prétendants. Faisant croire à sa famille qu'elle se rend à Malte, elle traverse l'Atlantique. Elle espère alors retrouver l'officier à Halifax au Canada où il est affecté depuis 1861, après avoir précédemment stationné dans le Bedfordshire. Son amour vire à l'obsession et elle harcèle le lieutenant qui continue de l'éconduire. Coureur de jupons et joueur impénitent, Pinson vient régulièrement soutirer de l'argent à Adèle. Cette dernière le poursuit et se rend souvent à sa caserne. Elle use, en vain, de plusieurs stratagèmes pour le convaincre de l'épouser et va jusqu'à consulter un hypnotiseur pour mettre le lieutenant dans un état second et le contraindre au mariage. Très longtemps, elle déclare à ses parents l'imminence de la noce par courrier. Sa famille la supplie de rentrer mais elle décide de rester à Halifax, nonobstant l'état de santé précaire de sa mère. En septembre 1863, elle écrit à ses parents avoir enfin épousé le lieutenant Pinson et son père annonce la nouvelle dans La Gazette de Guernesey. Quelques semaines plus tard, elle est contrainte de révéler la supercherie. Elle reste au Canada et sombre définitivement dans la folie, son père subvenant toujours à ses besoins. Sa mère, Adèle Foucher, meurt d'une congestion cérébrale en 1868.

Lors d'un séjour à la Barbade où elle suit le lieutenant en se faisant appeler par son nom (elle est connue comme « Madame Pinson » par la population locale), elle est prise en charge par Céline Alvarez Baa, une bienfaitrice. Pinson, qui continue de ne lui prêter plus aucune attention, quitte les Caraïbes en 1869 et l'abandonne à son triste sort. Madame Baa la raccompagne en France en 1872. Victor Hugo la place chez le docteur Allix, ami de la famille avant de la faire interner dans la maison de santé de Mme Rivet (fille d'Alexandre Brierre de Boismont) à Saint-Mandé. Elle est notamment soignée par le docteur Auguste Axenfeld. Elle reprend l'écriture de son journal en langage codé et la pratique du piano. Après la mort de son père, elle est internée à l'hôpital de Suresnes où elle termine sa vie pendant la Première Guerre mondiale. L'annonce de sa disparition est éclipsée par le conflit qui ravage l'Europe.

Adèle Hugo a, de son vivant, été sujette à l'érotomanie. Les symptômes de la maladie mentale dont elle souffrait (hallucinations, mythomanie, tendance bipolaire, trouble de la personnalité accompagnée d'une perte du rapport au réel) ont également été apparentés à la schizophrénie. Elle n'est pas le seul membre de la famille Hugo à avoir souffert de démence. Son oncle, Eugène Hugo (1800-1837), malgré des débuts littéraires très prometteurs, a lui aussi sombré dans la folie.

Adèle Hugo repose au cimetière de Villequier, aux côtés de sa mère et de sa sœur Léopoldine.

Le tableau est inspiré par le film de L'Histoire d'Adèle H. est un film français de François Truffaut, sorti en 1975. C'est le récit d'une érotomanie, illusion délirante d'être aimée, celle dont souffrait la seconde fille de Victor Hugo, Adèle, tel qu'elle l'a décrite dans les deux premiers volumes de son journal intime, datés respectivement en 1852 et 1853 et édités pour la première fois en 19681 et 19712, par le spécialiste universitaire Frances Vernor Guille.

Le film relate l'histoire d'Adèle Hugo (Isabelle Adjani), deuxième fille de Victor Hugo. Ce dernier, obnubilé par la mort accidentelle de son aînée, Léopoldine Hugo, avait délaissé la cadette. Adèle connaît par la suite un amour passionné, voire obsessionnel, pour le lieutenant britannique Pinson (Bruce Robinson) qui ne la paye pas de retour. Elle termine sa vie dans la déchéance et la folie.

Le tableau représente la scène où elle tient en main une lettre qu'elle a écrite (dans le film, ce sont des billets de banque) dont le contenu est révélé à voix haute par l'héroïne et est filmée en plan fixe et gros plan sur son visage qui s'anime. Le spectateur connaît désormais la vraie raison de sa venue à Halifax. Elle est déterminée à reconquérir son amour perdu. « Je t'attends, je t'aime. Ton Adèle »

Le regard est la grande arme de la coquetterie vertueuse. On peut tout dire avec un regard, et cependant on peut toujours nier un regard. Que l'importance soit dans ton regard, non dans la chose regardée !
Il y a du plaisir à rencontrer les yeux de celui à qui l'on vient de donner. Comme c'est l'âme qui fait le regard et que les belles âmes sont en petit nombre, les beaux yeux sont assez rares. Les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse. L'horizon est dans les yeux et non dans la réalité.


Hommage à BERNARD DE COSTER

Bernard De Coster est un acteur et metteur en scène belge né à Bruxelles le 30 novembre 1954 et mort le 7 mars 1991 (à 36 ans).

Après des études de scénographie à La Cambre avec Serge Creuz, et d'art dramatique au Conservatoire royal de Bruxelles avec Claude Étienne, il devient régisseur et assistant d'Albert-André Lheureux au Théâtre de l'Esprit Frappeur.

Dès 1976, la carrière du metteur en scène l'emporte sur celle de l'acteur. Il reçoit l'Ève du Théâtre en 1982 pour son Cyrano de Bergerac au Théâtre national de Belgique.
LE METTEUR EN SCENE BERNARD DE COSTER MEURT A 36 ANS LE THEATRE BELGE PERD SON ENFANT-ROI

DE DECKER,JACQUES journal « LE SOIR » Page 11

Vendredi 8 mars 1991

Le metteur en scène Bernard De Coster meurt à 36 ans

Le théâtre belge perd son enfant-roi

Il avait l'étoile au front des prodiges pressés. Homme-orchestre de la scène, il créa en quinze ans une oeuvre à part entière.

Le théâtre belge vient de perdre l'enfant qui en était le prince. Un jeune homme qu'une maladie implacable vient de lentement, sûrement, cruellement, emporter. Il avait trente-six ans, mais une oeuvre gigantesque à son actif, comme s'il avait toujours su que le temps lui serait compté, qu'il lui faudrait faire vite pour livrer tout ce qu'il avait dans la tête et sur le coeur, dans cette urgence qu'impose le Grand Macabre, dont il avait si bien sû dessiner sur scène l'impressionnante stature. Bernard De Coster, archange du théâtre belge, qui l'éclaira de son talent et de sa puissance de travail durant quinze ans d'une éblouissante carrière, est mort jeudi, à l'aube, cèdant au mal qui le tenaillait depuis des mois, mais dont il avait su faire, continuant à oeuvrer jusqu'au bout, son dernier compagnon.

Que reste-t-il d'une oeuvre de metteur en scène de théâtre, dans un pays comme le nôtre où la télévision veille aussi peu à retenir le reflet de ses travaux (un producteur privé propose depuis des années à la RTBF une captation de sa «Phèdre» au Théâtre du Parc: elle n'a toujours pas été diffusée)? Des images, des bribes de souvenirs, des traces fugaces. Dans le cas de De Coster, on a l'impression que ce butin souvent maigre est particulièrement foisonnant: c'est qu'il était, par excellence, un réalisateur visionnaire, un inlassable inventeur d'images scéniques, un visuel inspiré doublé d'un auditif étonnamment subtil. Le résultat en est que, rassemblant ce qu'on a retenu des dizaines de spectacles qu'il a pu mener à bien, on découvre un ensemble cohérent, organisé, suprêmement personnel, bref les signes les plus indéniables d'un style. Les plus experts comme les plus candides ne s'y sont d'ailleurs pas trompés: De Coster bénéficiait à la fois de l'estime de la profession et de la ferveur du public le plus vaste. Il était peut-être le seul de nos metteurs en scène à déplacer les foules au seul énoncé de son nom à une affiche.

Les jeunes surdoués se marquent d'abord par la précocité. Ce fut le cas de De Coster qui, dès l'adolescence, hante les coulisses d'un théâtre. C'est «L'Esprit Frappeur», au temps où Albert-André Lheureux se partage encore entre la petite salle de la rue Josaphat et commence à «squatteriser» le Botanique, qui n'était pas encore, à l'époque, le Centre Culturel de la Communauté française. De Coster a seize-dix-sept ans (il est né en 1954) lorsqu'il s'y rend déjà indispensable. Avec le maître des lieux, il acquiert la passion des techniques de scène, de l'éclairage en particulier, dans lequel il devient rapidement un virtuose. Il aimera, par la suite, à ses «moments perdus», donner un coup de main aux amis: nombreux sont les spectacles où, souvent dans l'anonymat, il a apporté sa griffe de magicien des lumières.

Parallèlement, il s'inscrit à la fois au Conservatoire de Bruxelles et à l'Ecole de la Cambre. Dans ces deux établissements, ses professeurs, Claude Etienne pour l'art dramatique d'un côté, et Serge Creuz pour la scénographie de l'autre, lui font rapidement savoir qu'ils n'ont pas grand-chose à lui apprendre, et il ne dépassera pas la première année d'apprentissage, tout en gardant à ces initiateurs une indéfectible et touchante reconnaissance.

PRODIGUE PRODIGE

Les élèves du collège Saint-Michel où il a fait ses études secondaires font appel à lui pour les diriger dans un «Caligula» qui sera, à vingt ans, sa première mise en scène à part entière, après ses assistanats auprès de Lheureux. Catherine Degan écrit au lendemain de cette première au plein sens du terme: Etonnant, ce «Caligula» prodige, prodigue, (...) dont la mesure est dans la démesure même. La rumeur se répand dans la ville qu'un «grand» vient de faire son entrée dans le métier, et les professionnels se pressent à la représentation de cette troupe d'amateurs aiguillés par un guide hors du commun: Maurice et Jacques Huisman viennent l'applaudir, de même que Claude Etienne et Jean Nergal, parmi beaucoup d'autres.

De Coster prend dès lors son essor. Toutes les grandes scènes du pays se l'arrachent, ce qui explique qu'il n'ait jamais ressenti le besoin de diriger sa propre troupe, à ceci près qu'il fut retenu parmi les directeurs possibles du Parc et du National, au moment des «passations de pouvoirs». Claude Etienne est le premier à lui confier la barre de son vaisseau, le Rideau de Bruxelles, où le jeune homme, qui avait déjà joué - unique prestation d'acteur - sur la scène du petit théâtre le rôle de l'un des élèves dans «La Ville dont le prince est un enfant» de Montherlant, s'attaque d'emblée, avec l'immodestie désarmante qui ne cessera de le caractériser, à «L'Orestie» d'Eschyle, dans la version de Claudel. Il est l'auteur complet de cette superproduction, conforme au genre de théâtre qu'il cultivera désormais: un théâtre humain, de divertissement, et de Qualité avec une majuscule, où le texte soit beau et littéraire.

Cette formule qui restera durablement la sienne, il la mettra en pratique dans les spectacles dont il aura désormais la responsabilité sur les grands plateaux. Elle lui permettra de réaliser les derniers grands succès de l'ère Huisman au National. Son «Cyrano» et sa «Balade du Grand Macabre» avec Frison, qu'il dirigera bientôt aussi dans un nouveau Caligula, feront courir un public enthousiaste. En complicité totale avec le décorateur Nuno Corte-Real, il concevra des féeries scéniques, privilégiant les visions fantasmagoriques, soulignant le tout de musiques que son érudition inépuisable ira chercher dans les registres les plus divers: classique, rock, «sound track» de films font bon ménage dans les montages sonores qu'il conçoit pour soutenir ses régies. Ils interviennent pour beaucoup dans la fascination que ces mises en scène exercent sur les audiences les plus diverses. Pour avoir vu le triomphe du «Grand Macabre» à Cracovie, dans un théâtre municipal plein à craquer où la langue de Ghelderode n'était pourtant accessible qu'à une minorité du public, pour avoir assisté, de Carthage à Sousse, et dans d'autres amphithéâtres tunisiens, à l'accueil de son Caligula, nous pouvons témoigner que De Coster avait su renouer avec le plus pur, le plus entraînant, le plus ambitieux des théâtres populaires.

TITRE EN FRANÇAIS : « Les quatre regards énigmatiques en bord de mer »

TITRE EN ANGLAIS : « Four enigmatic looks by the sea »

TECHNIQUE : aquarelle- encre de Chine

ANNÉE DE CRÉATION : 1994

DIMENSION HORS CADRE : 28 CM X 38 CM

Signature datée en bas à droite


Le tableau est inspiré par les mises en scène de BERNARD DE COSTER 

Détails du tableau

Le tableau illustre des scènes des spectacles suivants

HOLLYWOOD ! HOLLYWOOD !

https://www.aml-cfwb.be/aspasia/spectacles/2870/Hollywood_!_Hollywood_!-1984-1985

SALOMÉ

https://www.europeana.eu/portal/record/92066/BibliographicResource_3000058492464.html

LE PIC DU BOSSU

https://www.aml-cfwb.be/aspasia/spectacles/10809/Le_Pic_du_bossu-1989-1990

Liens sur BERNARD DE COSTER :

https://www.bellone.be/fra/persondetail.asp?IDfichier=1680517

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_De_Coster

https://www.aml-cfwb.be/aspasia/intervenants/1582/De_Coster_Bernard

BERNARD DE COSTER, ALCHIMISTE DE TOUTES LES TECHNIQUES

Au Théâtre du Parc, Jean Nergal le met au défi de réalisations plus subtiles, plus raffinées quelquefois. Cela donnera sa pathétique «Sortie de l'acteur» de Ghelderode, avec un poignant Jean-Paul Comart, son magistral «Le Roi se meurt» d'Ionesco, où le duel Dutoit-Bir était au meilleur de lui-même, deux soirées où son étrange complicité avec la mort était omniprésente. Mais c'est au Rideau de Bruxelles, cependant, que De Coster continuera, de saison en saison, d'expérimenter avec les formes, de risquer les aventures les plus aiguës. C'est son «Procès», qu'il recrée avec une connivence, un naturel, une absence d'intimidation qui extraient toute la puissance dramatique du roman de Kafka, c'est «Fantômas» d'après Ernst Moerman, où il se lance, au départ de textes épars du surréaliste belge (ajustés avec la collaboration de Martine Renders), dans une forme de «théâtre pur», loin de tout anecdotisme, où l'alchimie de toutes les techniques de la scène, qu'il domine comme personne, fonctionne à plein.

Les auteurs belges lui doivent beaucoup, car il a tiré de certaines de leurs oeuvres toutes les ressources théâtrales qu'elles recelaient: Ghelderode, bien sûr, mais aussi Liliane Wouters («Mort et résurrection de Melle Shakesperae», au Bota'), René Kalisky, dont il créera, à titre posthume, «Aïda vaincue», avec une inoubliable Anne Chappuis (qu'il métamorphosa également en «Camille Claudel», ou Pietro Pizzuti, qui fut son ami le plus proche et le plus fidèle, et dont il montera les deux pièces.

En compagnie de Pizzuti, il donnera ses deux «testaments», puisqu'il faut bien les appeler ainsi désormais. Il était suffisamment lucide sur ce qui l'attendait pour les avoir conçus dans cet esprit. Il y eut la «Lettre aux Acteurs», que Pizzuti joue actuellement en italien dans la Péninsule, célébration de l'art du comédien qui ne cessa de le nourrir et de le subjuguer, et, tout récemment, cette «Conversation avec Borgès», où il dirigea, malgré les atteintes de la maladie, son maître et son ami, Claude Etienne et Pizzutti, dans une manière de bilan, par grand Argentin interposé, sur toute la foi qu'il mettait en l'art et en la beauté.

«L'homme de génie est celui qui m'en donne», disait Valéry. De Coster devait en avoir, car il en distribua par brassées aux autres. Chargé de cours au Conservatoire, il poussa ses élèves au comble de leurs possibilités, comme on put le voir lorsqu'à l'invitation de Jean-Claude Drouot, il présenta, sur la grande scène du National, son merveilleux «Songe d'une nuit d'été», qui était infiniment plus qu'un «exercice d'école». Plutôt la démonstration, faite discrètement dans la marge de son travail professionnel, qu'il était, comme le proclama Arrabal, le soir où il decouvrit ce que De Coster avait fait de son «Architecte et Empereur d'Assyrie», le meilleur metteur en scène au monde.

Inlassable découvreur, homme pressé qui ne sut jamais exploiter ses réussites - d'autres, avec ses possibilités, seraient devenus des «stars» internationales -, humble artisan qui ne cessa d'être écolier auprès de ceux qu'il vénérait - il répondait à toutes les invitations que lui faisait Maurice Béjart de l'assister -, grand réconciliateur du théâtre, dont il démontra qu'il n'était pas un art devenu minoritaire, et du public, Bernard De Coster a fait sa sortie de créateur. Un jeune Roi des planches est mort. Sa légende va maintenant commencer.


Souvent, un regard en dit plus long que tous les mots du monde. Regard assassin, yeux revolver ou œil de biche, les possibilités pour se faire comprendre d'un battement de cils sont multiples. Une œillade sensuelle, un clin d'œil compatissant ou les yeux baissés timidement sont autant d'expressions qui permettent de faire comprendre sa vision. Regard critique sur le monde ou faiblesse face au regard des autres, découvrez l'avis des auteurs sur le miroir de l'âme. On devient metteur en scène quand on croise son propre regard avec le regard des autres. Un être offre à chaque regard un visage différent, modelé sur le regard même.

PEINTURE THÉÂTRE ET ART NOUVEAU

Les personnages du tableau évoluent dans un décor planté d'une façon surréaliste et inspiré par l' « ART NOUVEAU » et particulièrement extrait de la Maison Horta de Bruxelles

Musée Horta, trésor de l'Art Nouveau à Bruxelles

Adresse :

Rue Américaine 25

1060 Bruxelles (SAINT-GILLES)

https://www.hortamuseum.be/fr/Accueil

Le Musée Horta, reconnu Patrimoine Mondial de l'humanité par l'Unesco, vous ouvre ses portes dans celle qui fut la maison de Victor Horta.

Construite de 1898 à 1901 par Victor Horta (Art Nouveau). Libéré des contraintes de commanditaires, Horta laissa libre cours à son inventivité.

À voir : l'escalier principal comme axe central de la construction, la richesse de l'ornementation, plans, photos et maquettes. Architecture et mobilier dessinés par V. Horta.

Les deux immeubles qui composent cette maison furent bâtis entre 1898 et 1901. Bien qu'ils fussent conçus ensemble et communiquent par l'intérieur, ils ont chacun leur individualité propre, ceci afin d'affirmer la distinction entre sphère privée et atelier professionnel. La présence de ce dernier était notamment justifiée par la complexité de certains éléments décoratifs conçus par Horta, qui exigeaient la réalisation de moulages ou autres ébauches afin de faciliter la réalisation ultérieure de ces pièces par les artisans concernés, auxquels de simples plans n'auraient pas toujours suffi.

L'habitation privée comprend deux escaliers : l'escalier d'honneur destiné aux propriétaires et invités, et un escalier de service. Mais le plus remarquable est la structure interne de l'habitation privée : elle n'est pas réellement découpée en étages, dans la mesure où l'ascension se fait progressivement, par demi, tiers ou quarts de niveaux. Ceci, combiné à la quasi-absence de murs de séparation au bel étage, ouvre des perspectives variées, autres qu'horizontales, qui contribuent à donner l'impression d'une maison bien plus vaste qu'elle ne l'est réellement. En outre, comme souvent chez Horta, l'escalier n'est pas enfermé dans une cage, mais constitue réellement la colonne vertébrale de la maison, en partant même en plein salon. Enfin, la lumière est apportée non seulement par les façades avant et arrière, mais aussi par une remarquable verrière qui surmonte l'escalier, et éclaire ainsi le centre de la maison bien mieux que dans les classiques maisons de l'époque, à trois pièces en enfilade, dont la pièce centrale était souvent relativement obscure.

Des mosaïques du sol jusqu'aux poignées de portes, le raffinement y est poussé dans le moindre détail.